samedi 7 avril 2012
vendredi 16 décembre 2011
Beauté d'hiver
Quand le temps se refroidit, notre peau tiraille, notre nez rougit, nos lèvres se dessèchent, nos cheveux deviennent électriques. Pourtant, en y mettant du sien et du soin, on peut s’offrir, mine de rien, une vraie beauté d’hiver, fraîche et rose.
’hiver, notre visage est en première ligne, mais notre corps souffre aussi. Leur pire ennemi n’est pas tant le froid que les variations de température entre intérieur et extérieur. Pourtant, l’alternance du chaud et du froid peut aussi être bénéfique : elle active la microcirculation, élimine les toxines et redynamise le système cutané. A condition de respecter quelques principes.
Corps : pensez à nourrir avant d’hydrater
Même s’il est protégé par les vêtements, notre corps a besoin d’être hydraté. Et en hiver, un simple lait hydratant ne suffit plus. Il faut le remplacer par une huile sèche ou une crème très nourrissante afin de restaurer le film hydrolipidique. Une astuce : utilisez une huile lavante sous la douche ou ajoutez quelques gouttes d’huile d’olive ou de monoï dans l’eau du bain. Et diminuez la fréquence des gommages : ils fragilisent l’épiderme.
Côté extrémités, soyez attentif
Pieds et mains, plus en butte aux aléas climatiques, ont besoin d’un traitement spécifique. Optez pour une crème riche, à appliquer matin et/ou soir selon l’état de sécheresse. A la maison, vous pouvez enfiler pendant quarante-cinq minutes les Chaussettes pieds secs de Scholl : leurs fibres contiennent un gel qui diffuse des actifs nourrissants.
Visage : renforcez les défenses
Contrairement à une idée reçue, en hiver, ce n’est pas l’eau qui hydrate mais le gras. Lui seul empêche l’évaporation de l’eau de la cellule tout en agissant comme une barrière protectrice. Aussi, remplacez votre crème hydratante par une crème plus nourrissante. Et choisissez la version un cran au-dessus de votre soin habituel : peau sèche si vous avez la peau normale, peau normale si vous avez la peau grasse.
Plus fragile, la peau sèche a besoin d’une double protection : appliquez un sérum réhydratant sous la crème de jour protectrice. Si vous rougissez facilement, choisissez un soin pour peau réactive : il associe une protection vasculaire à une protection climatique. La crème (légèrement verte !) s’applique matin et soir. Vous pouvez aussi dissimuler vos rougeurs sous une crème de teint spécialement étudiée.
Sur la bouche, protection maximale
Sans couche graisseuse sous-cutanée, la peau des lèvres ne peut pas s’épaissir pour se défendre, alors elle tiraille, se fendille et gerce. Le bon réflexe : appliquez avant votre rouge à lèvres un baume riche en cire et en huile végétale. On trouve de plus en plus de formules labiales deux en un, qui soignent et maquillent en même temps. Renouvelez l’opération plusieurs fois dans la journée.
Un maquillage protecteur et enlumineur
L’hiver, quand la lumière se raréfie, utilisez un fond de teint spécialement étudié pour la réfléchir. Certains s’adaptent même aux variations de température. Pour que le froid ne fige pas votre maquillage, choisissez des fards à paupières avec une texture crème, qui font le regard lumineux sans creuser les traits. Et sur les cils, posez un mascara waterproof pour que la larme à l’œil ne vire pas au regard charbonneux involontaire.Cheveux : évitez le déssèchement
Le froid agit sur le cuir chevelu en réduisant la production de sébum. Les cheveux gras y trouvent leur compte. Pas les cheveux secs, qui le deviennent encore plus et cassent. La solution : un masque nourrissant une fois par semaine, à garder pendant un bon quart d’heure ; les autres jours, un soin gainant sans rinçage pour limiter les agressions. Et gardez la main légère sur les shampoings secs, les laques et autres sprays coiffants qui électrisent les cheveux.
4 bons réflexes
- Faire une cure d’acides gras essentiels : une supplémentation de vitamine E, d’huile d’onagre ou de bourrache pendant les trois mois d’hiver aide à restaurer l’épiderm
- Supprimer les savons et les produits lavants agressifs : bourrés de tensioactifs, ils sont trop décapants. A remplacer par des formules nettoyantes sans savon.
- Remplacer son eau démaquillante ou son gel par un lait, une crème ou une huile démaquillante, plus nourrissant.
- Mettre une crème de nuit : elle compensera les agressions de la journée et reformera une bonne protection lipidique.
Quel produit choisir ?
Face à la multitude de l’offre, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Aujourd’hui, la plupart des produits sont de qualité. A chacun de trouver ce qui lui convient le mieux. Voici ceux que nous avons aimés.
- Sous la douche. Huile lavante, laboratoires Vendôme.
- Sur le corps. Huile sèche à l’huile d’olive, The Body Shop. Crème nourrissante Nutri Soft 24 h, L’Oréal.
- Sur les pieds. Crème pour pieds secs, Pedi Relax.
- Sur les mains. Crème mains sensibles, A-Derma.
- Sur les cheveux. Masque au beurre de karité, Furterer. Sur les pointes : Sérum de soie sublimateur, Leonor Greyl.
- Sur les lèvres. Sourire tonique, Dr Pierre Ricaud.
- Sur le visage. Crème Superdefense, Clinique (peau normale). Optimum, Lancôme (peau grasse). Supra Sérum Haute Exigence et Crème Haute Exigence, Clarins (peau sèche). Soin hydratant peaux réactives, Nivea (peau sensible).
- Pour les rougeurs. Rosaliac, La Roche-Posay. Crème de teint compacte Couvrance, Avène
Secrets et mensonges de la jalousie
Quoi de plus insupportable, et de plus banal, que de se croire trompé, remplacé, oublié, nié ? En plus, c’est un sentiment inavouable. Sans doute parce qu’il cache des frustrations inavouées. La jalousie, porte ouverte sur l’inconscient ?
Sommaire
D’où vient la jalousie ?
Peut-on être jaloux parce qu’on se sent soi-même infidèle ?
Les femmes sont-elles plus jalouses que les hommes ?
Peut-on ne pas être jaloux ?
Quand tombe-t-on dans le pathologique ?
Peut-elle cacher un désir homosexuel ?
En quoi la jalousie diffère-t-elle de l’envie ?
De quel genre de rival a-t-on peur ?
Pourquoi est-il si difficile de renoncer à la jalousie ?
Témoignage : “A travers mon mari, j’étais jalouse de mon père”
Conseils
Nous avons tous un jour éprouvé cette douleur terrible. Sous son emprise, il a même pu nous venir l’envie de tuer… ou de mourir. Pour, après coup, nous demander : mais qu’est-ce qui m’a pris ? La réponse sera différente pour chacun. Car la jalousie est un sentiment aussi répandu que complexe et trompeur : elle cache souvent des frustrations, des désirs inavoués. Nul besoin de psys pour le deviner : elle nous vient de très loin, du fond de notre enfance. Parfois, la jalousie se cache elle-même, au point d’être méconnaissable. En effet, de tous les sentiments humains, c’est sans doute celui qu’on (se) dissimule le plus. Parce qu’elle est mal jugée, on en a honte et on ose à peine s’interroger sur son fonctionnement. Pourtant, elle a beaucoup à nous apprendre.
D’où vient la jalousie ?
D’après les psychanalystes, on n’aurait jamais été jaloux qu’une seule fois, dans sa toute petite enfance. Une jalousie si terrible qu’elle nous a marqués à vie. Lorsqu’on est jaloux, on ne ferait jamais que revivre cette douleur-là, celle du tout petit enfant qui ne supporte pas de voir sa mère se détourner de lui. Tout d’un coup, son monde s’écroule : il se sent abandonné, trahi.
Pour Lacan, cette souffrance, nécessaire car elle permet de sortir de la fusion avec la mère, intervient à la fin de la période du sevrage, déjà difficile en soi, et au moment où l’enfant s’apprête à vivre un traumatisme important : réaliser qu’il n’est plus tout seul, qu’il existe un autre (par exemple, à l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille). Tout dépend donc de la manière dont cette première blessure aura été vécue. Que certains avalent les couleuvres plus difficilement que d’autres, et les voilà marqués au fer rouge du manque. Aucun amour ne sera jamais assez grand. Aucun être ne sera jamais assez fiable.
Peut-on être jaloux parce qu’on se sent soi-même infidèle ?
C’est un phénomène assez courant. Avant son mariage, Jean-Jacques, grand séducteur, faisait du charme à tout va et accumulait les conquêtes. Depuis, il s’est « rangé ». Son épouse lui est fidèle. Elle s’habille avec sobriété et se comporte sans provocation. Pourtant, Jean-Jacques, terriblement jaloux, blêmit dès qu’elle converse avec un autre homme. « Ce que cet homme projette sur son épouse, ce sont ses propres désirs, commente Jean-Pierre Winter, psychanalyste. Pour lui, le désir équivaut au passage à l’acte. Donc il se sent coupable, refoule son envie de la tromper et la lui attribue. » Cette jalousie porte un nom : il s’agit de la fameuse « jalousie de projection » que Freud a définie dans son ouvrage Névrose, psychose et perversion, Puf, 1992.Peut-elle cacher un désir homosexuel ?
Il existe une forme de jalousie, proche de la paranoïa, que Freud a qualifié de « délirante ». Dans ce cas, celui que l’on désire, ce n’est pas le partenaire, c’est le (ou la) rival(e). Si je suis une femme, par exemple, j’éprouve une attirance inconsciente pour la maîtresse de mon mari. Et ce qui me chagrine, c’est que celle-ci aime mon mari plutôt que moi. En un mot, la jalousie délirante est l’expression d’un désir homosexuel refoulé. L’expérience de Céline nous en donne une illustration parfaite : « J’ai vécu trois ans avec Bernard, que j’ai quitté à cause de son métier : il était gynécologue accoucheur. Je ne pouvais plus supporter qu’il voie des sexes de femmes toute la journée. Au début, j’avais du mal à croire qu’il restait aussi imperturbable qu’il le prétendait mais je parvenais à me contrôler. Et puis j’ai remplacé cinq jours sa secrétaire. Pour la première fois, j’ai vu la salle d’attente. “Pas mal cette grande blonde !” “Plutôt jolie, la rousse !” Le soir, je bombardais Bernard de questions. A partir de ce moment, quand on faisait l’amour, j’étais obsédée par l’idée que son désir ne s’adressait pas à moi mais à elles. J’imaginais leurs seins, leurs fesses… C’était atroce...
En quoi la jalousie diffère-t-elle de l’envie ?
Certains ne sont jaloux qu’en amour, d’autres uniquement au travail… Mais dans le cadre professionnel, on parlera plutôt d’« envie ». La jalousie est « la crainte de perdre ce que l’on possède ». Tandis que l’envie est « la souffrance de voir quelqu’un d’autre posséder ce qu’on désire pour soi-même ». Par ailleurs, la jalousie suppose un tiers rival, tandis que l’envie implique une relation à une seule personne. Mais ces deux sentiments sont intimement liés. Le mot « jalousie » ne vient-il pas du grec ancien zelos, qui signifie « envie ».
De quel genre de rival a-t-on peur ?
Il arrive que seul un certain type de rival nous inspire de la jalousie :
Le rival jumeau
Marc a vécu avec une femme qui avait des relations multiples, alors que lui était fidèle. Cela ne l’a pas du tout gêné… tant que ses rivaux ne lui ressemblaient pas : « Il s’agissait de relations bien différentes de celle vécue avec moi, ils ne me menaçaient pas. Mais, un jour, un autre homme, plus proche de moi, est entré dans sa vie. Et là, j’ai beaucoup souffert. » « Marc jouit d’une grande assise narcissique, note Jean-Pierre Winter. Il est convaincu que personne ne vaut mieux que lui. Or le rival apparaît ici comme un double qu’il suppose plus parfait que lui et qui menace de prendre sa place. D’où l’explosion de sa jalousie. »
Le rival opposé
A l’inverse, Sylvain, professeur de français, ne peut supporter un rival qui soit son contraire : « L’ex-époux de ma femme n’avait éveillé en moi aucune jalousie jusqu’au jour où je suis tombé sur une de ses lettres, truffée de fautes d’orthographe. Ça m’a anéanti. Je ne comprenais plus rien. Si elle avait pu aimer cet homme, comment pouvait-elle m’aimer moi qui suis si différent ? » « Il y a, derrière cette réaction, estime Jean-Pierre Winter, l’incertitude d’être véritablement l’objet du désir de l’autre : “Si ce que je lui donne n’est pas ce qu’elle désire, alors que me veut-elle ? Que veut-elle ? Et moi, qui suis-je ? Que me manque-t-il ?” Il s’agit à la fois d’un effondrement de son identité et d’une blessure narcissique. »Pourquoi est-il si difficile de renoncer à la jalousie ?
Pour beaucoup, la jalousie est une preuve d’amour. Si notre partenaire en est dénué, il n’est pas rare qu’on le lui reproche. C’est à son aune que nous mesurons la force de la passion. La jalousie fait donc partie du plaisir de l’amour : elle réveille, galvanise, érotise ! C’est un aphrodisiaque. Relancer son désir sur la jalousie est d’ailleurs une pratique courante. La violence du désir est décuplée, liée à l’agressivité, à l’envie d’écraser, le rival… « Mon mari m’a toujours fait des scènes de jalousie tout à fait injustifiées, raconte Marie. J’en étais très agacée jusqu’au jour où je me suis rendue compte qu’il aimait cela. Après ces scènes, il me faisait l’amour avec une ardeur accrue. »
Mais la jalousie n’est pas gouvernée par la seule passion. Pendant des siècles, elle a été avant tout une affaire d’honneur à régler entre hommes. Le Méditerranéen, par exemple, se doit d’être jaloux : cela relève du code social. « Mais, aujourd’hui, les codes se transforment, tournant souvent le dos à l’héritage culturel », explique Catherine Anthony.
Nous avons tous des stratégies – inconscientes – de protection. Certains se blindent au point qu’ils ne peuvent ou ne veulent plus tomber amoureux : leur refus d’aimer est un refus d’être trahi. D’autres parviennent à se convaincre qu’ils gardent toujours la place préférentielle. D’autres encore s’inventent des échappatoires assez surprenantes : ainsi Henri pousse sa femme dans les bras d’un autre et désire assister à la scène. « Ce n’est pas qu’il ne soit pas jaloux, souligne Michèle Montrelay, mais sa jalousie est au contraire si aiguë qu’il lui faut à tout prix y échapper. En lui appliquant des figures concrètes, il l’exorcise… »
Il existe d’autres remèdes… L’écriture, par exemple, a apaisé bien des jaloux. « Ecrire, c’est tuer ! » pour reprendre les mots d’Henri Michaux. Combien de pièces de théâtre, de romans, de scénarios n’ont-ils pas été bâtis sur ce sentiment ! Nathalie, elle, est entrée en psychothérapie : « Cela m’a aidée à changer de regard, à prendre du recul et, surtout, à mieux supporter les moments de crise », confie-telle. « Mais on ne “guérit” pas de la jalousie, prévient Jean-Pierre Winter. Pas plus qu’on ne guérit de l’amour. L’analyse n’est pas une anesthésie. »
En clair, nous ne pouvons pas refuser d’être jaloux, mais nous pouvons refuser de nous laisser détruire par la jalousie.
Témoignage : “A travers mon mari, j’étais jalouse de mon père”
Anne-Marie, 26 ans : « Quand j’ai épousé Paul, de quinze ans mon aîné, j’étais d’une jalousie maladive. Je jetais les lettres et les photos de ses ex. Je lui faisais des scènes épouvantables. Nous étions au bord de la rupture… J’ai décidé de suivre une analyse. Là, j’ai compris que l’origine de mon délire venait d’un violent ressentiment envers mon père. A mes 12 ans, âge auquel j’avais besoin d’être reconnue dans ma féminité, il avait détourné son attention de moi vers une amie de ma mère. Il ne la trompait pas, mais cette femme était devenue une sorte de déesse intouchable et moi je rêvais de lui ressembler… L’analyse m’a aidée à prendre de la distance vis-à-vis de ma jalousie qui n’avait donc pas grand-chose à voir avec Paul. Son comportement, c’est vrai, était irréprochable. »Conseils
Cessez de vous torturer
Interdisez-vous de fouiller dans ses affaires.
Vous trouverez toujours de quoi aiguiser votre jalousie : pour le jaloux, tout est preuve !
Repensez aux premiers moments de votre rencontre et tâchez de retrouver le sentiment de confiance qui vous animait alors. Cela vous évitera de sombrer dans la paranoïa.
Ayez conscience que le couple que l’on forme avec quelqu’un est chaque fois unique. Ce qui se passe entre deux personnes précises ne peut jamais se rejouer de la même manière.
N’hésitez pas à voir votre « rival(e) » si son image vous hante. Cela cassera le fantasme – un jaloux imagine toujours le pire – et donnera à votre jalousie les contours précis d’un corps, donc une limite. « C’est un premier pas vers la reconstruction »,
mardi 13 décembre 2011
Jouir avec ou sans orgasme
L’orgasme est l’acmé supposé du plaisir. La jouissance, elle, parle d’abandon, d’émotion, de capacité à se laisser aller à l’autre, à ses sens, à ses fantasmes. Elle englobe l’être dans son entier.
Plus qu’une invitation, jouir est aujourd’hui un diktat et l’orgasme, un sésame permettant d’accéder au septième ciel. Si le mot a longtemps été banni de notre vocabulaire pour cause de puritanisme judéo-chrétien, la révolution sexuelle des années 70 l’a sacralisé et banalisé. Au point qu’aujourd’hui il émaille sans complexes les dialogues de sitcoms branchés – “Ally McBeal” ou “Sex and the City” – et fait régulièrement la une des magazines.
Comment multiplier, intensifier les orgasmes ? Les variations autour du même thème foisonnent dans la presse et dans les ouvrages pratiques. Défini comme le point culminant du plaisir, l’orgasme est toujours considéré comme l’aboutissement incontournable de l’échange. Pourtant, et les sexologues sont unanimes, il y a danger à en faire la seule finalité. Car s’il ne peut y avoir jouissance complète sans orgasme, l’orgasme seul ne garantit pas la qualité et l’intensité d’une relation sexuelle.
Paradoxale et complexe, la jouissance ne saurait être réduite à une simple équation. Vaste et puissante, elle dépasse les limites du plaisir sexuel. C’est l’être tout entier qu’elle englobe, ses sens, son imaginaire, son affect.
L’orgasme : un aboutissement, pas une finalité
« Au début de ma vie sexuelle, une relation sans orgasme était impensable, raconte Maryse, 44 ans. J’étais féministe militante, et l’orgasme était carrément une revendication politique après des siècles d’oppression de la sexualité féminine. C’est avec le temps et une autre conception des relations homme-femme que j’ai changé de sexualité. Aujourd’hui, je privilégie la qualité de la relation érotique. La variété des caresses, l’imaginaire, les fantasmes sont primordiaux. Je ne cours plus après l’orgasme qui, cela dit, vient plus facilement maintenant. »
Pour les sexologues, c’est cette course qui empêche la relation sexuelle de s’exprimer pleinement. « Lorsqu’on se fixe un but en matière de sexualité, on risque fort de passer à côté du plaisir, rappelle le sexologue Gérard Leleu, auteur du Jardin des caresses(Flammarion). Quand seul le mental est aux commandes, il bride le corps et les émotions. »
Antoine, 43 ans, se souvient de l’angoisse qui accompagnait toutes ses relations sexuelles. La crainte de ne pas donner suffisamment de plaisir à sa partenaire l’empêchait d’être entièrement présent dans la relation. « Je guettais sa moindre réaction, j’avais peur de ne pas être à la hauteur, et si elle ne manifestait pas bruyamment son plaisir, j’en déduisais que j’étais passé à côté. Je ne suis pas encore débarrassé de cette crainte, mais je la gère mieux, je suis moins à l’affût et, l’expérience aidant, je suis plus sûr de mes compétences. »
C’est dans les premières années de la vie sexuelle que l’orgasme occupe la position centrale de la relation et qu’il est considéré comme le baromètre d’un rapport sexuel réussi. Une connaissance de soi et de l’autre insuffisante fait que le plaisir est souvent très aléatoire pour les femmes et difficilement contrôlable pour les hommes. « Lorsque j’avais 20 ans, se souvient Eric, qui en a aujourd’hui 36, j’étais très égoïste, comme la plupart de mes copains. Seul mon plaisir comptait, j’étais plus chasseur qu’amant. Aujourd’hui, jouir sans me soucier du plaisir de ma partenaire me semble impensable, au point que je peux jouir du plaisir que je lui donne. »
Hommes et femmes, des enjeux différents
Selon les sexologues, la génération d’après-68 a, dans son ensemble, intégré la notion d’échange du plaisir, même si le désir d’orgasme pour soi et pour l’autre reste le but premier de la relation sexuelle. Dans le rapport Spira (In La Sexualité aux temps du sida(Puf, 1998), lire chapitre du sociologue Michel Bozon), une étude sur la sexualité des Français, le sexologue et sociologue André Béjin rappelle que, si la notion des échanges d’orgasmes entre femmes et hommes demeure la norme, elle reste néanmoins plus présente chez ces derniers.
Ce qui ne signifie évidemment pas que les femmes ne sont pas à recherche de l’orgasme au cours du rapport sexuel. Mais leur rapport au plaisir est différent : elles seraient naturellement plus axées sur la jouissance, et leur notion du plaisir serait plus difficilement dissociable du climat sensuel et affectif de la relation sexuelle. « Si une femme ne connaît pas l’orgasme au cours du rapport, mais que la relation a été vécue sensuellement et émotionnellement comme gratifiante, elle ne sera pas ressentie comme un échec », explique Gérard Leleu. Contrairement à une large majorité d’hommes, pour qui éjaculation et orgasme restent une finalité et l’expression d’un rapport sexuel réussi. Toujours dans le rapport Spira, on apprend que les femmes seraient moins nombreuses que les hommes, à toutes les étapes de la vie en couple, à dire qu’elles ont eu un orgasme au cours de leur dernier rapport. Et seules 35 % d’entre elles déclarent avoir eu un orgasme au cours de chaque rapport sexuel.
« Faire l’amour est quelquefois plus sensuel que sexuel, ou l’inverse, confie Françoise, 36 ans. J’apprécie les deux. Ce n’est pas la même jouissance. On ne réagit jamais de la même façon, ni dans son corps ni dans sa tête. J’ai connu des orgasmes très violents, mais que je vivais seulement sur le plan physique, et des moments de pure sensualité, sans “pic” de plaisir mais qui m’ont bouleversée. »
Si on peut compter les orgasmes ou comparer leur intensité, la jouissance, elle, est plus subjective. Elle parle d’abandon, d’émotions, de capacité à se laisser aller à l’autre, à ses fantasmes et à ses sens. La magie de la jouissance réside, pour les hommes comme pour les femmes, dans l’incessante fluctuation entre désir et plaisir. Dans cet échange intime, à l’alchimie mouvante et complexe, un geste, un mot ou un regard ont le pouvoir de relancer le désir au cœur même du plaisir. « Lorsque mon amant me lèche le ventre, ça peut être beaucoup plus fort qu’un orgasme génital, dit Anna, 37 ans. Je peux jouir de mille façons. Avec ou sans orgasmes. L’essentiel est que je me sente touchée dans ce que j’ai de plus intime. »
La jouissance : un plaisir hors limites
Les sexologues ne se lassent pas de répéter que le cerveau est notre principal organe sexuel. Sans la sollicitation du vécu et des émotions qu’il a engrangées, le plaisir est condamné à rester enfermé dans ses limites corporelles.
Au-delà des différences physiologiques et psychologiques entre hommes et femmes, la jouissance exige un climat particulier fait de désir, de confiance et de respect. Impossible de s’abandonner dès lors que l’on s’attache trop au plaisir de son partenaire ou au sien propre : on réduit immanquablement l’autre à un objet de plaisir, ou soi-même, à un objet narcissique. « Pour qu’il y ait jouissance, il faut que j’aime et que je me sente aimée, explique Ericka, 33 ans. Même si ça ne dure que le temps de l’échange. Je ne peux pas envisager d’avoir du plaisir sans aimer le regard, les gestes, le corps de l’homme avec qui je fais l’amour. Sans cela, il n’y a pas pour moi de jouissance possible. »
S’il est vrai que les seuls sentiments ne suffisent pas à intensifier l’échange, lorsque sensualité, imaginaire érotique et affects sont réunis, le plaisir peut atteindre une autre dimension. Il n’est plus réduit à un réflexe mécanique, il peut devenir une expérience qui dépasse les limites corporelles. Cette plénitude dans la jouissance, Gérard Leleu n’hésite pas à la qualifier de « transcendante », au sens premier du terme : « Quand le plaisir s’inscrit dans une relation de partage et d’amour, de connaissance de soi et de l’autre, c’est l’être tout entier qui décolle. D’abord parce que, physiologiquement, on baigne dans un flot d’endomorphines, des molécules euphorisantes, et psychiquement, parce qu’on se sent vraiment en communion avec son partenaire. »
Jeanne, 39 ans, a attendu l’âge de 35 ans pour découvrir ce qu’elle appelle le « plaisir total ». « J’ai eu du plaisir sexuel au cours de mes relations, mais je ne savais pas que je pourrais un jour connaître des émotions et des sensations d’une telle intensité. Même au niveau purement physique. Il faut dire que c’est la première fois que je réunis dans une même relation passion physique et amour. Je me connais mieux, c’est un fait, mais ce que je vis avec Henri me permet de repousser chaque fois les limites du plaisir. »
Il y a une graduation dans le plaisir. On peut rester éternellement cantonné à un niveau ou choisir d’aller plus loin, plus haut. A condition de sortir de la quête de performance et en libérant ses émotions. Ce lâcher-prise dans la confiance allège les hommes des angoisses liées à leur érection et favorise une sensualité inventive qui permet aux femmes de se laisser aller pleinement à leur désir, à leur plaisir. On sait que les amants les plus sensuels, les plus inventifs, sont ceux qui explorent avec curiosité et virtuosité toute la gamme des sens et des fantasmes. Pour eux, l’essentiel n’est pas la quête de l’orgasme, mais la jouissance déclinée à l’infini dans la tête et le corps.
Orgasme simultanné : Un cadeau, pas un but
On croyait ce fantasme réservé aux films érotiques. A tort ! Le mythe de l’orgasme simultané est tenace, partagé aussi bien par la population féminine que masculine. S’il survient plus fréquemment dans les couples se connaissant bien et pouvant « se caler » assez facilement l’un sur l’autre, il peut aussi être déclenché par les manifestations de l’approche de l’orgasme de l’autre. Mais, parce qu’il exige de l’homme le contrôle de son érection et de son éjaculation, cet orgasme est souvent plus fantasmé que vécu.
C’est pourquoi dans la pratique, cet idéal de partage de la jouissance peut tourner à la course contre la montre. « Rechercher systématiquement l’orgasme simultané est une erreur, explique Jean-Luc Thoréton, sexologue. Cette démarche donne la priorité au contrôle, donc coupe l’individu de son ressenti corporel et émotionnel. »
Partager le point culminant du plaisir exige que chacun accorde son rythme à celui de l’autre. « Or, pour atteindre l’orgasme, c’est son propre rythme que l’on doit suivre, et non celui de son partenaire », poursuit le sexologue. Un avis partagé par Sylvain Mimoun, andrologue et gynécologue, qui « conseille de vivre l’orgasme simultané comme un cadeau et non d’en faire la mesure étalon d’un rapport sexuel réussi ».
Se masturber, est-ce bon pour le couple ?
Difficile d’admettre que l’autre puisse jouir sans nous. Pourtant, l’onanisme en solo, longtemps accusé de tous les maux, peut parfois nous mener à l’épanouissement à deux…
L’anecdote est racontée par Sophie, mariée depuis dix ans à Arnaud. Il est 8 heures ce matin-là, et Sophie peste contre son compagnon, qui met un temps fou à se brosser les dents, mobilisant la salle de bains à l’heure de pointe. N’y tenant plus, elle finit par entrer sans frapper et découvre qu’Arnaud… n’est pas exactement en train de se brosser les dents.
« J’ai beau être plutôt ouverte et savoir qu’il lui arrive de se masturber, je l’ai mal pris, d’autant que la veille au soir, il n’avait pas vraiment été un foudre de guerre au lit », se souvient-elle. Et Arnaud, était-il gêné ? « Pas vraiment en réalité, il a mis son geste sur le compte du stress à quelques heures d’une réunion importante, et m’a assuré que ça n’avait rien à voir avec moi. Ce dont j’ai eu la confirmation le soir même, heureusement ! À croire que la situation nous avait mis en condition. »
L’histoire d’Arnaud et Sophie renvoie à cette interrogation : la masturbation, souvent perçue comme une cause de conflit dans le couple, est-elle source d’excitation ou d’inhibition ?
Mise au point préliminaire : il n’y a aucune raison, selon la sexologue et psychanalyste Laura Beltran, de culpabiliser de pratiquer l’onanisme. « La sexualité est plus large que le rapport sexuel dans le couple, elle englobe la masturbation, les rêves érotiques, la sensualité, explique-t-elle. Se masturber ne signifie pas tromper l’autre. »
Les plaisirs solitaires dans le coupleSylvain Mimoun répondra à toutes vos questions le mercredi 7 décembre de 11 heures à 13 heures. En savoir plus...
Un bémol toutefois, nuance le gynécologue et psychosomaticien Sylvain Mimoun, auteur, avec Rica Étienne, de Sexe et Sentiments (2 tomes, « Version homme » et « Version femme », Albin Michel, 2009) : « Lorsque la masturbation devient exclusive, prenant le pas sur les relations sexuelles à deux, il peut être bon de s’interroger. »
C’est une chose que de s’offrir une pause détente dans la salle de bains de temps en temps, c’en est une autre que d’éprouver un besoin compulsif de le faire plusieurs fois par jour, ou de passer toutes ses nuits devant des films porno pendant que son partenaire dort.
« S’il y a dépendance, c’est le signe d’une grande anxiété qui n’a rien à voir avec la simple recherche de plaisir », estime le psychanalyste Bernard-Élie Torgemen, auteur d’Histoires vraies et extraordinaires de l’inconscient(Fayard, 2008). Tout dépend aussi du sens que l’on donne à cette pratique. Est-ce un plus, ou plutôt une manière de combler un manque ?
« Lorsque c’est systématiquement vécu comme une compensation, alors oui, il peut y avoir dysfonctionnement », confirme Laura Beltran.
Une variable d’ajustement
La masturbation est-elle taboue pour vous ? Faites le test !
Se sentir lésé parce que l’autre s’est caressé interroge également sur le sens que l’on donne à son couple. « Celui-ci ne signifie pas la fin des rêves et des fantasmes ! défend Bernard-Élie Torgemen. Il est illusoire de croire à une vie sexuelle linéaire durant vingt ans. En période moins faste, la masturbation peut faire office de variable d’ajustement de manière salutaire. »
Et d’ajouter que « tout le monde se masturbe : les nourrissons, les adolescents, les jeunes adultes. Certains, même, avant de rendre leur dernier souffle. Il y a cette croyance selon laquelle cela devrait s’arrêter lorsque l’on est en couple, croyance liée au présupposé social et religieux voulant que la finalité du rapport sexuel soit la seule fécondation ».
Le malentendu ne date pas d’hier. Onan, fils de Juda, qui donna son nom à l’onanisme, fut puni par son Dieu pour avoir laissé sa semence se perdre dans la terre… Le début d’un long chemin de croix pour l’autoérotisme, « péché » accusé tour à tour de rendre sourd, malade ou idiot. Le procès est d’autant plus injuste que, outre le plaisir quasi assuré qu’elle provoque, la masturbation, selon Bernard-Élie Torgemen, permet « de se reconnecter avec soi-même, son corps, son odeur ».
« Moins nocif que des neuroleptiques et terriblement efficace », confirme Bérangère, qui assume très bien, du haut de ses 24 ans, ces instants où cela se passe entre elle et elle, sans que son fiancé soit invité à être de la partie.La spontanéité de la confidence semble démontrer qu’il est loin le temps où seuls les hommes reconnaissaient leur appétence pour les plaisirs solitaires.
Il suffit d’ailleurs de parcourir sur le web les forums de discussions ou certains blogs de filles évoquant le sujet pour constater que la parole féminine s’est considérablement libérée. Aidées probablement par l’anonymat de la Toile, ces femmes de tous âges, et pour la plupart en couple, ne se font pas prier pour décrire les bienfaits de ces instants « pour elles ».
« Un plaisir différent, mais quasiment garanti, qui laisse libre cours à mes pensées et au lâcher-prise total » pour Céline ; « un palliatif », pour Gawel, lorsqu’elle a une libido plus active que son homme. Aline, mariée depuis vingt ans, « pratique toujours, presque toutes les semaines, avec souvent lui qui dort à côté ». « La plupart du temps, je n’éprouve pas le besoin qu’il se réveille, le fait qu’il soit à côté suffit à m’échauffer, écrit-elle. Mais parfois, l’excitation aidant, je fais en sorte qu’il ouvre un oeil et là, en général, il est très content. »
Se masturber, est-ce tromper ?Aujourd’hui acceptée, voire revendiquée, la masturbation continue de rester taboue dans le couple. Les femmes, notamment, ne comprennent pas que leur partenaire s’y adonne, et le vivent comme une perte de désir à leur égard.
Surprendre sa femme en train de se caresser à ses côtés est un fantasme nourri par beaucoup d’hommes, note Laura Beltran. Julien, en couple depuis quinze ans, ne désespère pas que cela lui arrive : « Je sais qu’elle le fait, elle ne s’en est jamais cachée. Mais à mon grand regret, elle a toujours été très discrète. Elle doit se douter que je ne la laisserais pas terminer tranquillement si je la surprenais ! »
Un jardin secret… ou pas
À écouter Aline ou Julien, rien de tel donc pour pimenter les ébats que d’y ajouter une pincée d’onanisme.
Attention toutefois, prévient Laura Beltran, à ne pas tomber dans l’incantation. « Beaucoup de femmes qui ne se masturbent pas ont une vie sexuelle très épanouie ! rassure-telle. Cela ne fonctionne que si on en a envie, au même titre finalement que toute pratique sexuelle. »
Utopique, donc, de penser que le fait de se connaître soi-même permettrait de balayer nos inhibitions et de mettre fin à tous nos blocages ? « Ce n’est évidemment pas si simple, nuance la sexologue. Nombreuses sont celles qui par viennent facilement à l’orgasme seules sans pour autant jouir avec leur partenaire. Ce qui est en jeu, c’est le regard de l’autre, la pression qu’il peut faire peser. Lorsque l’on est seule, ce poids disparaît, d’où l’orgasme. »Faire ses gammes en solo n’est donc pas la garantie de parvenir au plaisir à deux.
En revanche, pour Laura Beltran, cela peut se révéler un outil thérapeutique intéressant en cas de troubles de la sexualité. « Certaines femmes s’autorisent à fantasmer en se caressant, ce qu’elles s’interdisent avec leur conjoint, de peur de le tromper mentalement », analyse ainsi la sexologue.
Identifier les images mentales qui nous mènent à la jouissance peut être un premier pas vers le septième ciel. Nulle obligation, toutefois, d’en parler à l’autre.
« La masturbation comme pratique solitaire peut légitimement faire partie de son jardin secret et ne pas être verbalisée auprès de son conjoint », estime la sexologue.
« Je sais qu’il le fait, je n’ai pour autant pas besoin de connaître les détails et je ne souhaite pas non plus m’étendre sur mes petites séances personnelles. Cela m’appartient », reconnaît Sandrine, 42 ans, en couple depuis dix ans.
« L’injonction actuelle au partage de notre intimité peut conduire à un oubli de soi qui, à terme, n’est pas bon pour la sexualité », rebondit Laura Beltran. Elle prescrirait bien d’ailleurs, si elle le pouvait, des ordonnances d’égoïsme à certains de ses patients.
Un égoïsme qui consisterait par exemple à s’offrir du plaisir en solitaire, pour, une caresse en appelant une autre, parvenir ensuite à le partager.
Attraction : le scénario est écrit d’avance
On se croise, on se regarde, on se sent… Coup de cœur, rouge aux joues : la machine s’emballe. Et si nos sens choisissaient à notre insu ? Décodage chimique en quatre temps.
Sommaire
Le premier contact
Un dialogue subliminal s’instaure à distance entre les futurs partenaires grâce aux phéromones. Ces composés volatils chargés d’informations s’échappent de glandes situées sous les aisselles, autour des organes génitaux et des mamelons. Ils viendraient frapper nos narines sans que nous les sentions mais avec une efficacité garantie : l’organe voméronasal, chargé de les capter dans le nez, est relié à l’hypothalamus, notre cerveau le plus ancien. Le coup de foudre se produit.
Les phéromones nous conduisent par le bout du nez d’une façon qui reste très mystérieuse.
Le coup de foudre
Comment devient-on amoureux ? de Lucy Vincent. Comment se manifeste le coup de foudre ? A quoi sert-il ? Est-il le signe d’un amour vrai ? Autant de questions abordées dans cet ouvrage qui fait le point sur la chimie très particulière de l’état amoureux (Odile Jacob, 2004).
Le message phéromonal transmis, d’autres sens et fonctions vont entrer en jeu, faisant appel à notre système limbique, siège des émotions et héritage des petits mammifères. Un regard, un sourire, et une impression de plaisir enfouie dans notre mémoire affective se réveille, provoquant une décharge de phényléthylamine (PEA), hormone de la famille des amphétamines. Elle agit comme une drogue : on a besoin de voir l’être aimé, de contempler sa photo, de l’entendre au téléphone…
Un processus en trois étapes et trois hormones : coup de foudre (PEA), état amoureux (adrénaline), plaisir (dopamine).
La liaison
Lorsqu’une hormone est libérée en abondance, les récepteurs neuronaux finissent par perdre leur aptitude à répondre. Il faut générer d’autres sources de plaisir. Voyages en commun, naissance d’un enfant, achat d’une maison, etc. vont permettre à d’autres hormones de renforcer le lien. A la dopamine s’allient l’ocytocyne et la vasopressine, produites par l’hypophyse. Elles entrent en jeu dans toutes les situations de confiance et d’attachement.
Le cocktail hormonal s’enrichit, pour que bonheur s’accorde autant avec orgasme qu’avec projets.
Le véritable amour
Avec le temps, l’accoutumance neuronale entraîne inévitablement une baisse de dopamine et par conséquent du plaisir intense d’être ensemble. Mais dans un couple qui a su maintenir le lien, ce manque n’est plus une souffrance, car la sérotonine, hormone du sommeil et de la régulation de l’humeur, entre en jeu. La place est faite pour que la relation sexuelle devienne un véritable amour, ou comme l’appellent les neurobiologistes, un "attachement".
La sérotonine apaise et adoucit la relation amoureuse, lui permettant de durer.